Nouvelle venue.
Ce n'est pas que la route a été longue. D'ailleurs, peut-on encore la qualifier ainsi, quand la parcourir procure autant de frissons d'effroi que d'excitation ? La route est là, parfois semée d'aiguilles et d'autres fois s'égarant entre de vertes collines, ces collines qui nous font voir le monde de si haut, si haut qu'il nous suffirait d'un pas pour la quitter, cette route.
Ses pas l'ont menée jusqu'ici. Elle ne sait pas vraiment si cela sera suffisant, mais il le fallait. Pour l'instant, ça reste une nécessité, ce besoin d'avoir cet ailleurs. Cet endroit où elle est sûre qu'elle sera libre, toujours. Son sac à dos tombe à terre, et elle suit.
Elle se roule dans l'herbe tendre avec la nonchalance de ceux qui ne sont pas pressés. Présentement, il lui semble avoir le temps. Tout le temps du monde.
Rouvrir ce sac et tout ce qu'il contient, ce sera bien assez tôt.